Résumés 15-16 Mars 2018

Que pensez des bruxismes en 2018?  

Gilles LAVIGNE  (Montréal )

 

 

Le bruxisme inclut des activités orofaciales telles que le serrement et le grincement  des dents, se produisant à l’éveil ou lors du sommeil. De plus, certains ont tendance à y associer des habitudes telles que des contractions de la mandibule sans contact dentaire et à exclure des activités comme le contact léger mais constant des dents, la poussée de la langue avec une langue hypertonique, la morsure des lèvres ou de certains objets.

 

Nous sommes dans la décennie de la médecine de précision adaptée au patient en fonction de sa condition psychosociale et médicale, de sa génétique et de ses attentes. L’utilisation de l’apprentissage profond et de l’intelligence artificielle nous permettra d’affiner et de préciser les résultats de nos diagnostics et des choix thérapeutiques en fonction des facteurs de risque, de l’importance et des conséquences des activités orofaciales sur la qualité de vie, sur le sommeil et sur l’état de santé. La notion de patient partenaire inclut une information claire et libre qui permettra au patient de choisir conjointement et librement le mode de prise en charge correspondant à ses attentes et à sa réalité.

 

Sommeil normal et sommeil pathologique.

Jean Arthur MICOULAUD-FRANCHI (Bordeaux)

 

Le sommeil « normal » est une fonction physiologique essentielle du maintien de l’homéostasie du corps humain, c’est à dire de la régulation optimale de son milieu intérieur. Depuis, Claude Bernard, et son maitre François Magendie, la constitution de la science physiologique a été essentielle dans l’abord des pathologies, de leurs pronostics et de leurs thérapeutiques suivant une vision unificatrice. La physiologie est ainsi la condition d’une véritable médecine scientifique. Mais peut on poser la limite du normal et du pathologie en médecine du sommeil à partir du seul point de vue physiologique ? Comment est distingué ce qui est appelé un « sommeil normal », d’un « sommeil pathologique »? L’objectif de cette présentation est d’apporter les clés pour répondre à ces questions. Il sera montré que la plainte somnologique, plus que les altérations neurophysiologiques constituent l’élément central des classifications nosographiques des pathologies du sommeil. Par ailleurs, il sera souligné que la notion d’étiologie devra être repensée dans la mesure où la distinction entre forme primaire (par exemple trouble insomnie primaire) et secondaire (trouble insomnie secondaire à un trouble dépressif caractérisé) n’existe pas dans ces classifications. Cette présentation permettra alors de repositionner la notion de syndrome, de forme clinique (pertinentes d’un point de vue physiologique, pronostique ou thérapeutique), de comorbidité associé ou non, et enfin d’approche transversale comme des éléments centraux dans le raisonnement clinique somnologique. Enfin il sera souligné l’importance de considérer les examens paracliniques du sommeil comme des examens électro-cliniques dont les résultats sont à confronter à la clinique qui ne peuvent conduire seuls à un diagnostic de pathologie du sommeil. Ces examens fournissent des indices spécifiques sur la physiologie du sommeil (indépendant de la notion de normal et pathologique) qui confrontés à la sémiologie clinique, aux contextes, aux comorbidités pourront conduire à un diagnostic de sommeil « pathologique ».

 

Références

American Academy of Sleep Medicine, Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil. Classification Internationale des Pathologies du Sommeil, 3ème version2014.

Association of Sleep Disorders Centers, Association for the Psychophysiological Study of Sleep. Diagnostic classification of sleep and arousal disorders. Sleep 1979;2:1-154.

Micoulaud Franchi JA, Amad A, Geoffroy PA, et al. Les complaintes du carabin. Modèle pour un raisonnement clinique pratique. Annales Medico Psychologiques 2016;174:703-13.

Micoulaud Franchi JA, Dumas G Quiles C, et al. De la clinique au « terrain fétide et palpitant de la vie » : une mise en perspective psychiatrique de la physiologie clinique. Annales Medico Psychologiques 2017;175:70-85.

 

 

Physiopathologie du bruxisme du sommeil  

Eduardo MANFREDI  (Parme)

 

Les mouvements musculaires masticatoires pendant le sommeil sont différents de l’activité de serrement pendant l’éveil. Le bruxisme du sommeil est caractérisé par une activité motrice rythmique qui se produit sans trituration d’aliment et qui est associée à la contraction des muscles masticateurs. De nombreux facteurs semblent être liés à la pathophysiologie complexe du bruxisme du sommeil: des cycles cycliques alternatifs (CAPs), des micro-éveils lors du sommeil, des troubles respiratoires du sommeil (SMDs), des neurotransmetteurs, et une activité cardiaque sympathique autonome. Dans cette conférence, nous allons essayer d’examiner les meilleures preuves disponibles dans la littérature.

 

Physiopathologie du bruxisme de l'éveil  

Sandro PALLA   (Zurich)

 

Les parafonctions lors de l’éveil sont différentes du bruxisme du sommeil par leur étiologie et leurs mécanismes neurophysiologiques.  D’autre part, elles peuvent être un facteur de risque plus important pour des douleurs musculaires car il y a des preuves que ces parafonctions de l’éveil sont caractérisées par une activité musculaire de faible intensité et prolongée. Les contractions musculaires sont considérées comme un facteur de risque physique pertinent pour la douleur musculaire liée au travail de ces muscles. Les parafonctions de l’éveil ont donc le potentiel, mais ne sont pas une cause suffisante, pour susciter la douleur des muscles manducateurs. Cette conférence décrira brièvement que les parafonctions de l’éveil ne peuvent causer seules des douleurs en rapport avec les efforts musculaires, et ceci a été démontré dans le détail.

 

Bruxisme et pathologies associées   

Franck LOBBEZOO   (Amsterdam)

 

La discipline émergente «Dental Sleep Medicine» (DSM) étudie les aspects dento-alvéolaires, buccaux et maxillo-faciaux des troubles liés au sommeil. Ainsi, DSM se concentre sur la douleur oro-faciale et les troubles apparentés, le trouble de l’humidification orale (xérostomie, hypersalivation), le reflux gastro-œsophagien (RGO), les troubles du sommeil (ronflement, apnée obstructive du sommeil – SAOS) et les troubles des mouvements mandibulaires (dyskinésie , dystonie, bruxisme du sommeil). Cette présentation se concentrera sur le bruxisme et ses interactions avec trois troubles pour lesquels le bruxisme a été décrit comme un facteur de protection possible, à savoir le déclin cognitif, le RGO et l’AOS. Il y a de plus en plus de preuves provenant d’études animales, mais aussi d’études sur les humains, que plus d’activité musculaire masticatoire (MMA) est associée à un meilleur fonctionnement cognitif. Il est également suggéré que l’association MMA / bruxisme est associée à une augmentation de la salivation, ce qui pourrait contribuer à réduire les effets négatifs du RGO. Enfin, le nombre d’études se concentrant sur l’association entre le bruxisme du sommeil et l’AOS est en augmentation, plusieurs d’entre elles suggérant qu’un rôle possible de l’augmentation du MMA est la prévention de l’effondrement des voies respiratoires supérieures. Pour les associations de MMA / bruxisme avec le fonctionnement cognitif et la salivation, les preuves de la littérature seront discutées. Pour l’association entre bruxisme du sommeil et OSA, les premiers résultats d’une enquête polysomnographique récente seront présentés.

 

 

Bruxisme et Syndrome d'apnées du sommeil  

Pierre jean MONTEYROL   (Bordeaux)

 

Le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est caractérisé par des épisodes récurrents de collapsus (apnées) ou de rétrécissements (hypopnées) des voies aériennes supérieures (VAS) au cours du sommeil et le SAHOS est fréquemment comorbide du bruxisme du sommeil (BS).

Certaines études montrent en effet que les épisodes d’Activité Rythmique des Muscles Masticateurs (ARMM) surviennent fréquemment lors des micro-éveils consécutifs à un épisode d’apnée ou d’hypopnée. Cependant, les évidences scientifiques les plus récentes montrent qu’il n’y a pas encore suffisamment de preuves pour établir un lien de causalité entre le SAHOS et le BS.

 Cependant, ces deux troubles du sommeil semblent partager des caractéristiques communes et de nouvelles études devront se concentrer sur les mécanismes intermédiaires entre les épisodes respiratoires et les épisodes de BS.

Les mouvements mandibulaires permettant de détecter les résistances respiratoires par un champ magnétique fronto-mentonnier ont été étudiés associés avec le bruxisme. Cette présentation permettra, grâce à l’aimable participation du docteurr Martinot , de montrer des images de ces enregistrements.

 

Sommeil et douleur, bruxisme et douleur   

Antoon DE LAAT   (Leuven)

 

Les plaintes concernant le sommeil sont habituelles chez la majorité des patients présentant des douleurs chroniques et la moitié des patients qui ont des insomnies souffrent de douleurs chroniques. Depuis des décennies, l’interaction entre le sommeil et la douleur a été étudiée et dans ces recherches, l’évaluation precise de la douleur et du sommeil est importante. Puisque le rapport subjectif des troubles du sommeil par les patients est souvent incorrect, la polysomnographie (PSG) est indiquée. Une relation causale entre le sommeil et la douleur est difficile à démontrer dans les deux sens. Le même problème existe avec le bruxisme et sa relation avec les douleurs de l’appareil manducateur. Au cours des années, le critère de diagnostic proposé, basé également sur la PSG et les recherches importantes ont essayé d’élucider le role étiologique potentiel des bruxismes du sommeil ou de l’éveil dans le développement de la douleur.
Cette conférence donnera un apercu des résultats obtenus, et illustrera le parallèle concernant l’organisation neurophysiologique qui s’intéresse à la douleur, au sommeil et au bruxisme.

 

 

 

Diagnostic clinique des bruxismes   

Emmanuel D'INCAU   (Bordeaux )

 

Différentes méthodes permettent de diagnostiquer le bruxisme du sommeil. Celles qui sont du domaine de la clinique sont souvent utilisées de manière empirique. La plupart des praticiens fondent en effet leur diagnostic sur la réponse positive à un questionnaire d’autoévaluation visant à mettre en évidence certains symptômes et un signe (les grincements dentaires) et/ou sur un examen clinique visant à mettre en évidence certains signes cliniques comme l’usure dentaire. Une telle démarche n’est cependant pas validée et des travaux complémentaires devront permettre d’affiner la qualité des critères diagnostiques de l’American Academy of Sleep Medicine (AASM) qui sont fondés sur cette même approche. Un regard critique doit également être porté sur les conclusions des nombreuses études qui utilisent ces critères cliniques. L’amélioration de certains outils d’enregistrement portatifs spécifiques est également souhaitable, bien que la validité de l’un d’entre eux (utilisant trois canaux) soit acceptable par rapport à la polysomnographie qui est encore considérée comme l’examen de référence (goldstandard). Cependant, au regard des récentes avancées de la recherche clinique et face au désaccord qui existe entre certains signes et symptômes cliniques et certains index objectifs (Sleep Bruxism Research Diagnostic Criteria – SB/RDC) déterminés lors d’une polysomnographie, une nouvelle stratégie de prise en charge du bruxisme du sommeil paraît nécessaire. Elle pourrait d’abord se focaliser sur les signes cliniques et la symptomatologie exprimée par les patients, puis dans certains cas spécifiques, la polysomnographie permettrait de prendre une décision quant à la conduite à tenir.

 

 

Conséquences cliniques des bruxismes   

Daniele MANFREDINI   (Padoue )

 

 

Le bruxisme a toujours été considéré comme un facteur préjudiciable pour les structures de l’appareil manducateur. L’essentiel des connaissances provient d’études sur le bruxisme du sommeil (BS) et de recherches concernant le bruxisme de façon générale. Très peu de publications concernant le bruxisme de l’éveil (BE) ont été écrites. La relation entre usure dentaire et BS n’a été actuellement évaluée que dans peu d’articles. Les études suggèrent principalement que le bruxisme est un facteur de risque potentiel pour des complications mécaniques et non biologiques pour les prothèses implanto-portées (Manfredini et al., 2014). Les données disponibles sur les relations entre bruxisme et DAM sont plus complexes à interpréter, comme cela a déjà été parfaitement souligné dans un article originel il y a 20 ans (Lavigne G, Lobbezoo F. 1997). La proposition pour la relation bruxisme-DAM à l’intérieur d’un modèle biopsychosocial individuel est que la sensibilité au stress et les traits de personnalité anxieuse peuvent être responsables de ces activités de bruxisme et conduire à des algies de l’appareil manducateur, qui en fait, sont modules par des facteurs psychosociaux (c’est-à-dire dépression, anxiété, comportement de demande de traitement).

 

 

Bruxismes chez l'enfant   

Maria Clotilde CARRA   (Paris )

 

Le bruxisme du sommeil est un trouble du mouvement lié au sommeil caractérisé par le grincement et le serrement des dents. Il est très fréquent dans la population pédiatrique, avec une prévalence qui peut arriver à 40 % selon les études. L’étiologie précise du bruxisme du sommeil reste inconnue, mais elle peut impliquer des composants génétiques et psychosociaux (comme l’anxiété et le stress). Chez les enfants comme chez les adultes, le bruxisme du sommeil peut s’associer à d’autres pathologies, telles que le ronflement, les troubles respiratoires du sommeil et problèmes du comportement. Ces comorbidités devraient être évaluées systématiquement par les cliniciens, car elles peuvent avoir des conséquences graves pour la santé des adolescents si elles ne sont pas traitées. Le bruxisme du sommeil peut entraîner des douleurs musculaires, surtout au réveil, des maux de tête, une hypertrophie des muscles manducateurs, des troubles à l’articulation temporomandibulaire et des usures dentaires anormales. Surtout chez l’enfant, le bruxisme du sommeil doit être géré par des thérapies conservatrices, telles que une correcte hygiène du sommeil, des modifications comportementales, ou le biofeedback, et, uniquement en cas de douleurs ou d’usure dentaire très sévère, des orthèses occlusales peuvent être envisagées.

 

 

Biomatériaux et parafonctions   

Amélie MAINJOT   (Liège )

 

Du céramo-métal à la zircone, de l’émaillage aux restaurations monolithiques, des composites classiques aux céramiques hybrides, de l’artisanal à la CFAO: l’évolution des matériaux et des technologies numériques ont petit à petit changé le paysage de la prothèse. Quel est l’impact de ces évolutions sur le traitement des patients bruxeurs ? Que nous apportent vraiment les nouveaux matériaux ? Cet exposé fera essentiellement le point sur les nouveaux composites CFAO et céramiques hybrides : il introduira une classification pratique des différents produits existants sur le marché, de leurs propriétés spécifiques par rapport aux autres matériaux, ainsi que du caractère innovant des « PICNs » (Polymer Infiltrated Ceramic Network). Il mettra en lumière leur apport spécifique dans le cadre du bruxisme et du traitement de l’usure, notamment leur contribution au développement de stratégies thérapeutiques innovantes et minimalement invasives. Une synthèse illustrée par une série de cas cliniques et basée sur les résultats des recherches les plus récentes mettront en lumière les mythes comme les réalités associés aux dernières révolutions.

 

Aspects psychologiques et comportementaux   

Paul PIONCHON   (Clermont-Ferrand )

 

En quoi le psychologue peut-il être concerné par le phénomène du bruxisme ?

Déjà Hippocrate, 400 ans avant J.-C. déclarait que l’usure des dents était une preuve d’un désarroi de l’esprit. En France les psychiatres Marie et Pietkiewicz (1907), la psychanalyste Marie Bonaparte (1952) ont évoqué les liens entre bruxisme et fonctionnement psychique. Plus récemment de nombreuses études publiées ont montré les liens entre les bruxismes et des variables émotionnelles et en particulier des relations entre différents états anxieux.

Comment l’odontologiste peut-il dans sa pratique clinique contribuer à la prise en charge des patients bruxeurs?

La présentation de deux cas cliniques tentera de montrer comment la qualité de la relation clinique établie entre les interactants peut contribuer à faire face à ce problème.

 

Possibilités Pharmacologiques   

Vianney DESCROIX   (Paris )

 

Parmi l’ensemble des thérapeutiques du bruxisme, les médicaments sont depuis longtemps une option envisagée. Le choix des traitements évalués suit l’évolution des connaissances de la physiopathologie de cette maladie. Différents traitements médicamenteux ont été associés avec une diminution ou une augmentation de bruxisme nocturne supportant la probabilité de l’implication de mécanismes centraux dans la genèse de cette pahtologie. Cependant, il existe encore très peu d’évidences d’une efficacité et d’une sécurité à utiliser les traitements médicamenteux. Nous nous proposons à travers cette présentation d’exposer les données actuelles de la littérature scientifique évaluant les traitements pharmacologiques du bruxisme. Nous envisagerons également la description des effets indésirables des traitements médicamenteux qui peuvent être à l’origine d’un bruxisme ou de l’aggraver.

 

role des orthèses occlusales   

Jean Daniel ORTHLIEB   (Marseille )

 

Les orthèses orales (ou gouttières occlusales dans le langage courant) sont des dispositifs intra-oraux à visée fonctionnelle (stabilisation dento-mandibulaire, effet orthodontique, effet orthopédique, rééducation). Elles répondent à différents objectifs :

participer au reconditionnement neuromusculaire, repositionner la mandibule, et protéger les dents ou les ATM. On retiendra : L’indication de l’orthèse occlusale molle est limitée au protège-dents, au patient à handicap neurologique et aux traitements par électrochocs. Bien que les mécanismes d’action des orthèses occlusales soient mal connus, la littérature montre qu’elles permettent de : diminuer de réduire l’intensité des forces, la fréquence et/ou la durée des parafonctions ;
inhiber temporairement les hyperactivités musculaires et les tensions musculaires; réduire l’intensité et la fréquence des myalgies ou arthralgies liées au bruxisme ;
protéger du bruxisme les surfaces occlusales des dents (naturelles ou restaurées) Il n’existe pas actuellement de preuve d’efficacité pour réduire ou éliminer le bruxisme de façon permanente.

L’orthèse mandibulaire, rigide, complète, à port nocturne est généralement choisie ; conservant la proprioception des dents maxillaires antérieures sans changer la situation du plan d’affrontement occlusal, elle est moins gênante sur le plan phonétique et esthétique, plus favorable à la posture linguale. L’orthèse occlusale maxillaire reste indiquée dans les grands surplombs incisifs et les fragilités dentaires antéro-maxillaires. Des doutes existent sur l’observance à long terme du port de l’orthèse et son innocuité psychologique, biologique et mécanique.

 

Place de la dentisterie restauratrice   

Alain VANHEUSDEN   (Liège )

 

La fin du vingtième siècle s’est caractérisée par une diminution significative de la prévalence de la carie dentaire dans la plupart des pays de l’Union Européenne. Paradoxalement, nous assistons, depuis plusieurs années, à une recrudescence des lésions d’usure dentaire d’origine non carieuse chez nos patients. Cette constatation peut d’une part s’expliquer par l’accroissement de la durée de vie moyenne des dents en général (soins plus performants et plus conservateurs, augmentation de l’espérance de vie des individus, …) et d’autre part, par certains aspects de notre société (stress, habitudes alimentaires, médications, …). Les lésions d’attrition et d’érosion sont, sans aucun doute, les plus répandues et les plus agressives. Elles sont principalement à mettre en relation directe avec deux maux de notre société « dite » moderne : le stress (et le bruxisme qui y est souvent associé) et la consommation excessive de sodas dont le caractère érosif n’est plus à démontrer. A un stade avancé, elles sont encore parfois traitées à l’aide de restaurations périphériques conventionnelles de type couronnes. Ce choix va cependant à l’encontre des principes d’économie tissulaire puisqu’il s’accompagne inéluctablement d’une réduction supplémentaire des tissus dentaires résiduels, de fréquentes pulpectomies, de restaurations à ancrage corono-radiculaire et d’allongements coronaires chirurgicaux compensant le manque de rétention et de stabilité des piliers.

Aujourd'hui pourtant, grâce à l’amélioration continue de l’efficacité des protocoles de collage amélo-dentinaire et à la meilleure connaissance des biomatériaux prothétiques, certaines approches thérapeutiques rationnelles, fiables et peu invasives peuvent souvent être proposées. Le but de cet exposé est de présenter, étape par étape, un protocole de traitement basé sur la réalisation de restaurations prothétiques partielles collées, tant sur les dents antérieures que postérieures.

 

 
Dernière modification : 01/10/2019
 
 
 
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Conclusions LYON2016